Avant même que le match ne commence, je sais, comme la plus simple des évidences, qu'ils vont gagner. Et c'est exactement ce qu'ils font, ils gagnent. Les Canadiens de Montréal sortent victorieux face aux Bruins de Boston. Je regarde mon père et mon père me regarde. On est les hommes les plus heureux du monde. À la télévision, à RDS, c'est L'antichambre qui débute. On regarde les vieux routiers habituels se chamailler et tenter d'analyser la partie. On change de poste et on se branche sur TVA. On regarde les panélistes de l'émission Le match répéter exactement ce qui venait de se dire à l'autre chaîne. On le met ensuite à Radio-Canada et on tombe sur les nouvelles du sport. On y parle du match.
Le lendemain, on en parle encore.
Le surlendemain, on en parle encore.
Et là, ça me frappe. Une évidence, une révélation.
À la télévison québécoise, quand il est question de sports, il est en fait question des Canadiens de Montréal. Ils sont omniprésents, ils occupent toute la place. On ne parle pas tellement du hockey en général, on parle des Canadiens et uniquement d'eux.
Et les autres sports? Ils n'existent pas?
En 2010, au Québec, 77% du contenu de l'information sportive était attribué aux Canadiens.
Whoa!
C'est un chiffre qui fait peur. Je veux bien admettre que les Québécois soient des fans de cette équipe vieille d'un peu plus de cent ans (moi le premier), mais pas de là à regarder et écouter des nouvelles, des analyses de fin de match et des potins sur les joueurs qui n'en finissent plus. Il y a beaucoup trop d'informations inutiles et ce temps d'antenne gaspillé pourrait facilement servir à informer la population sur les autres sports, sur des athlètes bien de chez nous qui passent inaperçus à nos yeux, mais qui réussissent à se faire une réputation internationale dans leur discipline. Les médias devraient se diversifiés au niveau du sport, car, pour ce qui est des Canadiens, ils en parlent un peu (beaucoup) trop.
Mais pourquoi je vous parle de tout ça, hein?
Lorsqu'une émission de sports ne parle pas des Canadiens de Montréal, les cotes d'écoute s'effondrent. Alors pour se rattraper, le lendemain, ils en parleront de long et en large. Même s'ils n'ont rien à dire, ils trouveront quelque chose à dire pour meubler l'émission. Ils inviteront des personnalités bien connues comme Michel Bergeron, George Laraque, Jacques Demers et Patrice Brisebois qui se feront un plaisir de raconter une petite anecdote et l'auditoire atteindra un chiffre démesurément élevé. Ils vont donc continuer sur cette lancée et ils n'arrêteront jamais. Oh, ils vont bien parler des Alouettes et de l'Impact de temps en temps, mais ils vont toujours finir par revenir aux Canadiens. Ils vont parler de Carey Price qui aime faire la fête, de Kostitsyn et de ses liens avec la mafia, de Jacques Martin et de son expression inexpressive et des repêcheurs qui laissent filer des bons joueurs québécois. Toutes des choses qui me laissent froid. Ce que j'aime, c'est la partie, alors montrez-la-moi et ensuite, taisez-vous.
Mais, pourquoi je vous parle de ça? Car, dans ma tête, il ne fait aucun doute que la partie est perdue d'avance.
Puisque c'est comme ça, je crois qu'il ne me reste plus qu'une chose à dire :
Go, Habs, Go!
572 mots
(chronique)
dimanche 30 octobre 2011
vendredi 14 octobre 2011
Cinéma et gadgets
On est jeudi. Dehors, la grisaille s'est installée. Une pluie fine tombe du ciel et mouille l'asphalte. La semaine de relâche tire à sa fin. J'ai rien à faire. Correction, j'ai un paquet de choses à faire, mais, en ce moment, j'ai pas envie de les faire. J'ai pas envie de m'arracher les cheveux à force d'analyser un roman ou de me cogner la tête contre un mur à force d'écrire un stupide poème. J'appelle un ami.
- Salut.
- Salut.
- Ça te dirait d'aller au cinéma?
- Oui.
On va donc au cinéma. On décide d'aller voir le nouveau film qui met en vedette Hugh Jackman, Real Steel. Ça l'air bien. Des robots qui se tapent dessus dans un ring de boxe, c'est, depuis la nuit des temps, une recette gagnante. On achète nos billets et on entre dans la salle. En plein milieu, mon ami aperçoit des bancs rouges. Ce sont des sièges D-BOX. Ils permettent à leurs occupants de suivre les actions, ou plutôt les mouvements, des personnages durant la projection. Mon ami insiste pour qu'on les essaye. Je lui dis qu'on va les essayer. Le film commence et les bancs se mettent à bouger.
Combien d'autres gadgets de ce genre l'industrie du cinéma va encore inventer? Déjà que j'en ai plein le dos des films en 3D, est-ce qu'il faut en plus que les salles de cinéma soient dotées de sièges mouvants? Eh bien, non. Ce ne sont que des jouets, des bébelles qui existent uniquement pour divertir et attirer le plus de gens possible dans les salles. Tout ça dans le but de faire encore plus d'argent. Or, combien de temps cela peut-il durer? L'intérêt des cinéphiles pour les films en 3D est déjà en chute libre. Les gens sont de moins en moins intéressés à payer un 3$ supplémentaire pour mettre la main sur une paire de lunettes 3D. C'est peut-être ce désintérêt de plus en plus évident qui explique la décision de Sony Pictures à cesser de distribuer ces fameuses lunettes et surtout d'en assumer les frais de distribution. Pourquoi vouloir mettre tous ces gadgets à l'avant-plan?
Pourquoi?
Pourquoi?
Le cinéma, ce n'est pas uniquement du divertissement. C'est aussi un art au même titre que la littérature, la peinture ou la musique. Ce que les haut-placés d'Hollywood n'ont pas compris, c'est que ce qui devrait, avant tout, attirer les gens dans les salles obscures des cinémas, c'est le film en tant que tel. C'est le scénario, les performances des acteurs et actrices et le talent des réalisateurs et réalisatrices qui font qu'un film est réussi ou non. Pourquoi ne pas investir tous leurs efforts sur ces derniers points au lieu de tout miser sur des nouvelles technologies inutiles? Quand je vais voir un film, je n'ai pas besoin d'avoir l'impression de recevoir un coup de poing en plein visage, je n'ai pas besoin que mon siège bouge au même rythme que l'action du film et surtout, je n'ai pas besoin d'une ridicule carte à gratter pour sentir différentes odeurs présentes dans le film, comme c'était le cas dans le plus récent Spy Kids. À vouloir trop en faire, on finit par tout gâcher.
À l'écran, un robot reçoit un direct en pleine tronche. Mon banc bascule vers la droite. J'échappe mon sac de maïs soufflé. Une mare jaune se répand sur le sol.
Merde.
Vingt minutes plus tard, un autre robot feinte à gauche. Mon banc glisse vers la gauche. Ma boisson gazeuse va rejoindre les grains de maïs.
Merde.
Finalement, le générique apparaît à l'écran. Les lumières se rallument. Mon ami se tourne vers moi et me demande :
- Alors, comment tu as trouvé ça?
Je le fixe quelques secondes. Puis, mon regard sur braque sur mon maïs et ma boisson. On dirait de la boue.
Je réponds :
- Je voulais juste regarder un film, moi.
(688 mots)
Chronique
- Salut.
- Salut.
- Ça te dirait d'aller au cinéma?
- Oui.
On va donc au cinéma. On décide d'aller voir le nouveau film qui met en vedette Hugh Jackman, Real Steel. Ça l'air bien. Des robots qui se tapent dessus dans un ring de boxe, c'est, depuis la nuit des temps, une recette gagnante. On achète nos billets et on entre dans la salle. En plein milieu, mon ami aperçoit des bancs rouges. Ce sont des sièges D-BOX. Ils permettent à leurs occupants de suivre les actions, ou plutôt les mouvements, des personnages durant la projection. Mon ami insiste pour qu'on les essaye. Je lui dis qu'on va les essayer. Le film commence et les bancs se mettent à bouger.
Combien d'autres gadgets de ce genre l'industrie du cinéma va encore inventer? Déjà que j'en ai plein le dos des films en 3D, est-ce qu'il faut en plus que les salles de cinéma soient dotées de sièges mouvants? Eh bien, non. Ce ne sont que des jouets, des bébelles qui existent uniquement pour divertir et attirer le plus de gens possible dans les salles. Tout ça dans le but de faire encore plus d'argent. Or, combien de temps cela peut-il durer? L'intérêt des cinéphiles pour les films en 3D est déjà en chute libre. Les gens sont de moins en moins intéressés à payer un 3$ supplémentaire pour mettre la main sur une paire de lunettes 3D. C'est peut-être ce désintérêt de plus en plus évident qui explique la décision de Sony Pictures à cesser de distribuer ces fameuses lunettes et surtout d'en assumer les frais de distribution. Pourquoi vouloir mettre tous ces gadgets à l'avant-plan?
Pourquoi?
Pourquoi?
Le cinéma, ce n'est pas uniquement du divertissement. C'est aussi un art au même titre que la littérature, la peinture ou la musique. Ce que les haut-placés d'Hollywood n'ont pas compris, c'est que ce qui devrait, avant tout, attirer les gens dans les salles obscures des cinémas, c'est le film en tant que tel. C'est le scénario, les performances des acteurs et actrices et le talent des réalisateurs et réalisatrices qui font qu'un film est réussi ou non. Pourquoi ne pas investir tous leurs efforts sur ces derniers points au lieu de tout miser sur des nouvelles technologies inutiles? Quand je vais voir un film, je n'ai pas besoin d'avoir l'impression de recevoir un coup de poing en plein visage, je n'ai pas besoin que mon siège bouge au même rythme que l'action du film et surtout, je n'ai pas besoin d'une ridicule carte à gratter pour sentir différentes odeurs présentes dans le film, comme c'était le cas dans le plus récent Spy Kids. À vouloir trop en faire, on finit par tout gâcher.
À l'écran, un robot reçoit un direct en pleine tronche. Mon banc bascule vers la droite. J'échappe mon sac de maïs soufflé. Une mare jaune se répand sur le sol.
Merde.
Vingt minutes plus tard, un autre robot feinte à gauche. Mon banc glisse vers la gauche. Ma boisson gazeuse va rejoindre les grains de maïs.
Merde.
Finalement, le générique apparaît à l'écran. Les lumières se rallument. Mon ami se tourne vers moi et me demande :
- Alors, comment tu as trouvé ça?
Je le fixe quelques secondes. Puis, mon regard sur braque sur mon maïs et ma boisson. On dirait de la boue.
Je réponds :
- Je voulais juste regarder un film, moi.
(688 mots)
Chronique
lundi 3 octobre 2011
Prologue
Ce blogue est un travail scolaire. Voyeurs pervers, commentateurs mesquins et autres chercheurs d'embrouille : passez votre chemin.
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