Cela fait six mois, une fois aux deux semaines, que je suis des cours de conduite. Cette semaine, j'avais rendez-vous avec l'assommante théorie. Je m'installe à un bureau et, déjà, je prévois m'endormir pendant une petite heure. Le plus dur, me dis-je, c'est de savoir comment y parvenir sans que l'instructeur ne s'en aperçoive. Mais je n'ai pas le temps d'y réfléchir : le cours commence. C'est à ce moment que le prof dit :
- Bonjour à tous et à toutes, ce soir, c'est un cours un peu spécial.
Il sort de sous son cartable une pile de feuilles.
- Vous allez faire une bande dessinée qui parle des dangers de la route. Votre seule contrainte est d'utiliser au moins une fois chacun des marqueurs mis à votre disposition.
Et là, ma mâchoire se disloque et va cogner contre le sol.
Quoi? C'est sérieux?
Apparemment oui, car c'est ça maintenant les cours de conduite. La réforme des cours de conduite en pleine action, dans toute sa grâce.
Mais peut-on seulement encore parler de cours de conduite? Non, c'est du n'importe quoi, n'importe comment. Une pure perte de temps. Un gâchis total et absolu de temps et d'argent. En parlant d'argent, j'ai payé 900$ pour ces cours-là. Vous ne trouvez pas ça un peu trop cher payé pour faire une bande dessinée. Moi oui. Ce n'est pas en faisant une bande dessinée qu'on va apprendre à se comporter adéquatement sur la route. Quand je voudrai retourner à la maternelle, je vous ferai signe, mais pas avant.
L'inutilité à l'état pur.
Mais puisque j'ai payé pour ça, autant le faire. Je dessine un homme en voiture qui se fait surprendre par une horde de zombies tueurs et une armada de vaisseaux extraterrestres. Vous l'aurez deviné, la BD se termine assez mal. Qu'il s'arrange avec ça, le prof.
La deuxième partie du cours bat des records de futilité. Le prof se lance dans le coeur de la théorie :
- Un camion a un poids plus lourd qu'une voiture.
Ah oui?
- Si vous frappez un cycliste avec votre voiture, c'est lui qui en souffrira le plus.
Vraiment?
- Dans une zone scolaire, redoublez d'attention!
Je n'y aurais pas pensé.
-Si vous voyez un ballon surgir devant vous, freinez, car l'enfant n'est pas loin.
Et moi qui croyais qu'il fallait accélérer.
- Portez une attention particulière aux personnes âgées. Ils sont plus fragiles que vous.
Eh bien, ça alors!
- Si vous buvez de l'alcool ou consommez des drogues, ne conduisez pas!
Vous êtes sûrs?
Je veux bien accepter le fait que la SAAQ ait voulu faire du changement, mais ça, c'est un changement complètement raté. Ils veulent rendre les jeunes plus responsables et plus sécuritaires sur la route et c'est tout à fait honorable, mais, franchement, je ne peux pas croire que personne ne s'est levé pour dire : « Gang, les cours sont tout à fait ridicules. » Car c'est exactement ce qu'ils sont. On ne nous apprend pas à être de meilleurs conducteurs, parce qu'en fait, on ne nous apprend rien. Ils nous font faire du coloriage et des dessins pour ensuite nous achever avec des évidences qu'un enfant de cinq ans pourrait comprendre. Eh non, je n'exagère pas.
Le pire, c'est qu'il faut que j'endure ça, si je veux un jour avoir mon permis. Alors c'est ce que je fais, j'endure en silence. Mais la nuit, dans mes pires cauchemars, je vois mes 900$ qui se baladent d'une case à une autre sans que je puisse les rattraper.
(601 mots)
Chronique
maximeaunavissurtout
jeudi 24 novembre 2011
lundi 14 novembre 2011
Un grand film d'un grand réalisateur
Avec Monsieur Lazhar, le cinéaste québécois Philippe Falardeau (Congorama, C'est pas moi, je le jure!) signe son quatrième long-métrage de fiction. Un film touchant et émouvant qui fait preuve d'une grande maturité.
Basé sur la pièce Bachir Lazhar de Évelyne de la Chenelière, le film raconte l'histoire d'un immigrant algérien, Bachir Lazhar, qui obtient un poste d'enseignant, dans une école primaire de Montréal, à la suite du suicide de l'ancienne institutrice retrouvée, par un de ses élèves, pendue dans sa salle de classe.
Initialement, la pièce n'avait qu'un seul personnage, celui de Bachir Lazhar, qui racontait, dans un long monologue, les événements qui lui sont arrivés. Falardeau a donc eu plus de liberté pour écrire son scénario et mettre en place sa mise en scène. Contrairement au théâtre qui a ses limites, le cinéma offrait à Falardeau un espace de jeu incroyable pour son adaptation. Sa mise en scène est sublime et les images, souvent, sont porteuses de sens.
Même si le point de départ du film est un drame atroce et inimaginable, Philippe Falardeau réussit l'exploit de ne pas tomber dans un mélodrame étouffant. En effet, le film oscille, presque tout du long, entre drame et comédie créant ainsi un climat moins lourd que ce que laissait présager la première scène du film, celle où le jeune garçon découvre le corps inanimé de son enseignante. Une scène poignante, bouleversante. Les touches de comédie laissent aux spectateurs le temps de respirer un peu. Le souper arrangé entre Bachir Lazhar et une de ses collègues est particulièrement savoureux et les mimiques d'un élève quelque peu empoté font bien rire. Ces moments comiques allègent le récit et sont les bienvenues.
Fellag, acteur et humoriste algérien, offre une grande prestation. Crédible et toujours dans le bon ton, il réussit à faire passer les spectateurs par toute une foule d'émotions. Il est secondé par une Danielle Proulx en pleine forme et par une ribambelle d'enfants qui offrent chacun à sa manière des prestations solides. On retiendra cependant la performance de la jeune Sophie Nélisse et celle du jeune Émilien Néron qui, par moments, volent la vedette aux adultes. Ils sont tout simplement excellents. La direction artistique de Falardeau est donc convaincante, mais on s'attendait pas à moins de la part du gagnant de l'édition 1993 de la Course destination monde.
Le film, qui a été élu meilleur film canadien au Festival international du film de Toronto, parle, bien sûr, de la politique, notamment en ce qui concerne l'immigration, des travers du système d'éducation québécois, mais aussi et surtout, sur l'importance du métier d'enseignant. Le film se veut un hommage à ses hommes et ses femmes qui côtoient et forment la jeunesse. On y montre le rôle primordial que ces personnes jouent dans la vie des jeunes et toute l'inspiration qu'ils leur insufflent. La dernière scène abonde en ce sens et constitue une des scènes marquantes du film. On y montre la puissance du lien entre un élève et un professeur.
Même si Monsieur Lazhar n'atteint pas la perfection, entre autre à cause du manque de fluidité dans le montage, il s'agit d'un long-métrage à voir absolument. L'oeuvre d'un maître. Micro_scope, la boîte de production qui est derrière le film, mais qui a aussi produit Incendies de Denis Villeneuve, peut encore espérer une statuette dorée, puisque Monsieur Lazhar a été choisi pour représenter le Canada dans la course aux Oscars. On souhaite toutes les chances du monde à ce film d'une maîtrise exceptionnelle.
(578 mots)
Critique
Basé sur la pièce Bachir Lazhar de Évelyne de la Chenelière, le film raconte l'histoire d'un immigrant algérien, Bachir Lazhar, qui obtient un poste d'enseignant, dans une école primaire de Montréal, à la suite du suicide de l'ancienne institutrice retrouvée, par un de ses élèves, pendue dans sa salle de classe.
Initialement, la pièce n'avait qu'un seul personnage, celui de Bachir Lazhar, qui racontait, dans un long monologue, les événements qui lui sont arrivés. Falardeau a donc eu plus de liberté pour écrire son scénario et mettre en place sa mise en scène. Contrairement au théâtre qui a ses limites, le cinéma offrait à Falardeau un espace de jeu incroyable pour son adaptation. Sa mise en scène est sublime et les images, souvent, sont porteuses de sens.
Même si le point de départ du film est un drame atroce et inimaginable, Philippe Falardeau réussit l'exploit de ne pas tomber dans un mélodrame étouffant. En effet, le film oscille, presque tout du long, entre drame et comédie créant ainsi un climat moins lourd que ce que laissait présager la première scène du film, celle où le jeune garçon découvre le corps inanimé de son enseignante. Une scène poignante, bouleversante. Les touches de comédie laissent aux spectateurs le temps de respirer un peu. Le souper arrangé entre Bachir Lazhar et une de ses collègues est particulièrement savoureux et les mimiques d'un élève quelque peu empoté font bien rire. Ces moments comiques allègent le récit et sont les bienvenues.
Fellag, acteur et humoriste algérien, offre une grande prestation. Crédible et toujours dans le bon ton, il réussit à faire passer les spectateurs par toute une foule d'émotions. Il est secondé par une Danielle Proulx en pleine forme et par une ribambelle d'enfants qui offrent chacun à sa manière des prestations solides. On retiendra cependant la performance de la jeune Sophie Nélisse et celle du jeune Émilien Néron qui, par moments, volent la vedette aux adultes. Ils sont tout simplement excellents. La direction artistique de Falardeau est donc convaincante, mais on s'attendait pas à moins de la part du gagnant de l'édition 1993 de la Course destination monde.
Le film, qui a été élu meilleur film canadien au Festival international du film de Toronto, parle, bien sûr, de la politique, notamment en ce qui concerne l'immigration, des travers du système d'éducation québécois, mais aussi et surtout, sur l'importance du métier d'enseignant. Le film se veut un hommage à ses hommes et ses femmes qui côtoient et forment la jeunesse. On y montre le rôle primordial que ces personnes jouent dans la vie des jeunes et toute l'inspiration qu'ils leur insufflent. La dernière scène abonde en ce sens et constitue une des scènes marquantes du film. On y montre la puissance du lien entre un élève et un professeur.
Même si Monsieur Lazhar n'atteint pas la perfection, entre autre à cause du manque de fluidité dans le montage, il s'agit d'un long-métrage à voir absolument. L'oeuvre d'un maître. Micro_scope, la boîte de production qui est derrière le film, mais qui a aussi produit Incendies de Denis Villeneuve, peut encore espérer une statuette dorée, puisque Monsieur Lazhar a été choisi pour représenter le Canada dans la course aux Oscars. On souhaite toutes les chances du monde à ce film d'une maîtrise exceptionnelle.
(578 mots)
Critique
dimanche 6 novembre 2011
Dur dur d'être un parent
Ça fait maintenant plusieurs années que ma soeur donne des cours de tennis. Même si je la bats les deux yeux fermés, c'est quand même elle qui donne des cours. Où est la logique? Enfin bref, dimanche dernier, elle donnait des cours à un groupe de jeunes enfants dans le gymnase d'une école secondaire. Le cours se déroule bien, les jeunes ont l'air d'aimer ça. Le cours se termine et ils vont retrouver leurs parents qui les attendent à l'extérieur. Ma soeur se dirige vers sa voiture, mais là, quelque chose l'arrête ou plutôt quelqu'un. Une petite fille vient de s'asseoir sur le trottoir. Ma soeur va la voir et lui demande où sont ses parents. La fillette lui répond qu'elle n'en a aucune idée. Alors ma soeur s'assoit à ses côtés et, ensemble, ils attendent, attendent et attendent encore que les parents arrivent.
Et vous savez quoi? Ils n'arrivent pas.
Mais c'est normal, n'est-ce pas? Tout le monde sait que c'est dur dur d'être un parent. Ils ne peuvent tout de même pas être parfaits. Ils ont le droit de faire des erreurs, parfois. Non?
Eh bien, non. Être un parent, c'est ausi avoir des responsabilités envers un enfant. Et ces responsabilités, il faut les respecter. Faut-il être parfait? Oui, il le faut. Combien de fois avons-nous entendu des histoires d'horreur qui avaient pour cause la négligence des parents? Vous vous souvenez certainement de ce jeune enfant qui est mort sur la banquette arrière d'une automobile à cause de ses parents qui l'avait laissé là, fenêtres fermées, pendant qu'eux étaient partis faire des commissions. Les cas comme celui-ci sont nombreux et auraient très bien pu être évités.
Tout ça à cause de la négligence des parents.
Le problème, c'est qu'un parent ne peut pas se permettre d'être négligeant. Il doit constamment être en alerte, éveillé. Il doit s'assurer que son enfant est en sécurité, qu'il ne court aucun danger. L'enfant devrait être sa préoccupation numéro un. Or, ce n'est souvent pas le cas. Les parents sont de plus en plus pris par leurs travails et voient de moins en moins leurs enfants. Souvent, ils disent manquer de temps. Ils voudraient bien faire des activités avec Junior, mais que voulez-vous, ils n'ont pas le temps. C'est la société qui est comme ça. Il ne faut surtout pas leur en vouloir.
Eh bien, vous savez quoi? C'est de la bullshit.
C'est ton enfant, alors occupe-toi en. Tu ne trouves pas le temps d'être avec lui, eh bien, trouve-le, le temps. Tu dis que ce n'est pas de ta faute, eh bien, c'est que tu es un menteur. Un menteur qui croit à ses propres mensonges. Quand tu es parent, tu hérites de certaines responsabiités. À toi de trouver le moyen de t'en acquitter. Un parent n'a pas le droit d'oublier son enfant dans la voiture, comme il n'a pas le droit d'oublier de venir le chercher à son cours de tennis. Voilà, c'est dit.
Finalement, la mère de la petite fille finit par arriver, mais une heure en retard. Elle s'excuse et remercie ma soeur d'être resté avec sa fille. Elle dit que c'était au tour de son ex-mari de venir la chercher, mais qu'il a complètement oublié. Elle sort son portefeuille et fourre un billet de vingt dollars dans la main de ma soeur. Pour me faire pardonner, elle dit. Ma soeur n'a même pas le temps de placer un mot que la mère et la fille sont déjà loin.
L'argent peut-il tout acheter? Peut-il réellement pardonner la bêtise des parents? Après tout, c'est dur dur d'être un parent.
(604 mots)
Chronique
Et vous savez quoi? Ils n'arrivent pas.
Mais c'est normal, n'est-ce pas? Tout le monde sait que c'est dur dur d'être un parent. Ils ne peuvent tout de même pas être parfaits. Ils ont le droit de faire des erreurs, parfois. Non?
Eh bien, non. Être un parent, c'est ausi avoir des responsabilités envers un enfant. Et ces responsabilités, il faut les respecter. Faut-il être parfait? Oui, il le faut. Combien de fois avons-nous entendu des histoires d'horreur qui avaient pour cause la négligence des parents? Vous vous souvenez certainement de ce jeune enfant qui est mort sur la banquette arrière d'une automobile à cause de ses parents qui l'avait laissé là, fenêtres fermées, pendant qu'eux étaient partis faire des commissions. Les cas comme celui-ci sont nombreux et auraient très bien pu être évités.
Tout ça à cause de la négligence des parents.
Le problème, c'est qu'un parent ne peut pas se permettre d'être négligeant. Il doit constamment être en alerte, éveillé. Il doit s'assurer que son enfant est en sécurité, qu'il ne court aucun danger. L'enfant devrait être sa préoccupation numéro un. Or, ce n'est souvent pas le cas. Les parents sont de plus en plus pris par leurs travails et voient de moins en moins leurs enfants. Souvent, ils disent manquer de temps. Ils voudraient bien faire des activités avec Junior, mais que voulez-vous, ils n'ont pas le temps. C'est la société qui est comme ça. Il ne faut surtout pas leur en vouloir.
Eh bien, vous savez quoi? C'est de la bullshit.
C'est ton enfant, alors occupe-toi en. Tu ne trouves pas le temps d'être avec lui, eh bien, trouve-le, le temps. Tu dis que ce n'est pas de ta faute, eh bien, c'est que tu es un menteur. Un menteur qui croit à ses propres mensonges. Quand tu es parent, tu hérites de certaines responsabiités. À toi de trouver le moyen de t'en acquitter. Un parent n'a pas le droit d'oublier son enfant dans la voiture, comme il n'a pas le droit d'oublier de venir le chercher à son cours de tennis. Voilà, c'est dit.
Finalement, la mère de la petite fille finit par arriver, mais une heure en retard. Elle s'excuse et remercie ma soeur d'être resté avec sa fille. Elle dit que c'était au tour de son ex-mari de venir la chercher, mais qu'il a complètement oublié. Elle sort son portefeuille et fourre un billet de vingt dollars dans la main de ma soeur. Pour me faire pardonner, elle dit. Ma soeur n'a même pas le temps de placer un mot que la mère et la fille sont déjà loin.
L'argent peut-il tout acheter? Peut-il réellement pardonner la bêtise des parents? Après tout, c'est dur dur d'être un parent.
(604 mots)
Chronique
dimanche 30 octobre 2011
Ces chers Canadiens
Avant même que le match ne commence, je sais, comme la plus simple des évidences, qu'ils vont gagner. Et c'est exactement ce qu'ils font, ils gagnent. Les Canadiens de Montréal sortent victorieux face aux Bruins de Boston. Je regarde mon père et mon père me regarde. On est les hommes les plus heureux du monde. À la télévision, à RDS, c'est L'antichambre qui débute. On regarde les vieux routiers habituels se chamailler et tenter d'analyser la partie. On change de poste et on se branche sur TVA. On regarde les panélistes de l'émission Le match répéter exactement ce qui venait de se dire à l'autre chaîne. On le met ensuite à Radio-Canada et on tombe sur les nouvelles du sport. On y parle du match.
Le lendemain, on en parle encore.
Le surlendemain, on en parle encore.
Et là, ça me frappe. Une évidence, une révélation.
À la télévison québécoise, quand il est question de sports, il est en fait question des Canadiens de Montréal. Ils sont omniprésents, ils occupent toute la place. On ne parle pas tellement du hockey en général, on parle des Canadiens et uniquement d'eux.
Et les autres sports? Ils n'existent pas?
En 2010, au Québec, 77% du contenu de l'information sportive était attribué aux Canadiens.
Whoa!
C'est un chiffre qui fait peur. Je veux bien admettre que les Québécois soient des fans de cette équipe vieille d'un peu plus de cent ans (moi le premier), mais pas de là à regarder et écouter des nouvelles, des analyses de fin de match et des potins sur les joueurs qui n'en finissent plus. Il y a beaucoup trop d'informations inutiles et ce temps d'antenne gaspillé pourrait facilement servir à informer la population sur les autres sports, sur des athlètes bien de chez nous qui passent inaperçus à nos yeux, mais qui réussissent à se faire une réputation internationale dans leur discipline. Les médias devraient se diversifiés au niveau du sport, car, pour ce qui est des Canadiens, ils en parlent un peu (beaucoup) trop.
Mais pourquoi je vous parle de tout ça, hein?
Lorsqu'une émission de sports ne parle pas des Canadiens de Montréal, les cotes d'écoute s'effondrent. Alors pour se rattraper, le lendemain, ils en parleront de long et en large. Même s'ils n'ont rien à dire, ils trouveront quelque chose à dire pour meubler l'émission. Ils inviteront des personnalités bien connues comme Michel Bergeron, George Laraque, Jacques Demers et Patrice Brisebois qui se feront un plaisir de raconter une petite anecdote et l'auditoire atteindra un chiffre démesurément élevé. Ils vont donc continuer sur cette lancée et ils n'arrêteront jamais. Oh, ils vont bien parler des Alouettes et de l'Impact de temps en temps, mais ils vont toujours finir par revenir aux Canadiens. Ils vont parler de Carey Price qui aime faire la fête, de Kostitsyn et de ses liens avec la mafia, de Jacques Martin et de son expression inexpressive et des repêcheurs qui laissent filer des bons joueurs québécois. Toutes des choses qui me laissent froid. Ce que j'aime, c'est la partie, alors montrez-la-moi et ensuite, taisez-vous.
Mais, pourquoi je vous parle de ça? Car, dans ma tête, il ne fait aucun doute que la partie est perdue d'avance.
Puisque c'est comme ça, je crois qu'il ne me reste plus qu'une chose à dire :
Go, Habs, Go!
572 mots
(chronique)
Le lendemain, on en parle encore.
Le surlendemain, on en parle encore.
Et là, ça me frappe. Une évidence, une révélation.
À la télévison québécoise, quand il est question de sports, il est en fait question des Canadiens de Montréal. Ils sont omniprésents, ils occupent toute la place. On ne parle pas tellement du hockey en général, on parle des Canadiens et uniquement d'eux.
Et les autres sports? Ils n'existent pas?
En 2010, au Québec, 77% du contenu de l'information sportive était attribué aux Canadiens.
Whoa!
C'est un chiffre qui fait peur. Je veux bien admettre que les Québécois soient des fans de cette équipe vieille d'un peu plus de cent ans (moi le premier), mais pas de là à regarder et écouter des nouvelles, des analyses de fin de match et des potins sur les joueurs qui n'en finissent plus. Il y a beaucoup trop d'informations inutiles et ce temps d'antenne gaspillé pourrait facilement servir à informer la population sur les autres sports, sur des athlètes bien de chez nous qui passent inaperçus à nos yeux, mais qui réussissent à se faire une réputation internationale dans leur discipline. Les médias devraient se diversifiés au niveau du sport, car, pour ce qui est des Canadiens, ils en parlent un peu (beaucoup) trop.
Mais pourquoi je vous parle de tout ça, hein?
Lorsqu'une émission de sports ne parle pas des Canadiens de Montréal, les cotes d'écoute s'effondrent. Alors pour se rattraper, le lendemain, ils en parleront de long et en large. Même s'ils n'ont rien à dire, ils trouveront quelque chose à dire pour meubler l'émission. Ils inviteront des personnalités bien connues comme Michel Bergeron, George Laraque, Jacques Demers et Patrice Brisebois qui se feront un plaisir de raconter une petite anecdote et l'auditoire atteindra un chiffre démesurément élevé. Ils vont donc continuer sur cette lancée et ils n'arrêteront jamais. Oh, ils vont bien parler des Alouettes et de l'Impact de temps en temps, mais ils vont toujours finir par revenir aux Canadiens. Ils vont parler de Carey Price qui aime faire la fête, de Kostitsyn et de ses liens avec la mafia, de Jacques Martin et de son expression inexpressive et des repêcheurs qui laissent filer des bons joueurs québécois. Toutes des choses qui me laissent froid. Ce que j'aime, c'est la partie, alors montrez-la-moi et ensuite, taisez-vous.
Mais, pourquoi je vous parle de ça? Car, dans ma tête, il ne fait aucun doute que la partie est perdue d'avance.
Puisque c'est comme ça, je crois qu'il ne me reste plus qu'une chose à dire :
Go, Habs, Go!
572 mots
(chronique)
vendredi 14 octobre 2011
Cinéma et gadgets
On est jeudi. Dehors, la grisaille s'est installée. Une pluie fine tombe du ciel et mouille l'asphalte. La semaine de relâche tire à sa fin. J'ai rien à faire. Correction, j'ai un paquet de choses à faire, mais, en ce moment, j'ai pas envie de les faire. J'ai pas envie de m'arracher les cheveux à force d'analyser un roman ou de me cogner la tête contre un mur à force d'écrire un stupide poème. J'appelle un ami.
- Salut.
- Salut.
- Ça te dirait d'aller au cinéma?
- Oui.
On va donc au cinéma. On décide d'aller voir le nouveau film qui met en vedette Hugh Jackman, Real Steel. Ça l'air bien. Des robots qui se tapent dessus dans un ring de boxe, c'est, depuis la nuit des temps, une recette gagnante. On achète nos billets et on entre dans la salle. En plein milieu, mon ami aperçoit des bancs rouges. Ce sont des sièges D-BOX. Ils permettent à leurs occupants de suivre les actions, ou plutôt les mouvements, des personnages durant la projection. Mon ami insiste pour qu'on les essaye. Je lui dis qu'on va les essayer. Le film commence et les bancs se mettent à bouger.
Combien d'autres gadgets de ce genre l'industrie du cinéma va encore inventer? Déjà que j'en ai plein le dos des films en 3D, est-ce qu'il faut en plus que les salles de cinéma soient dotées de sièges mouvants? Eh bien, non. Ce ne sont que des jouets, des bébelles qui existent uniquement pour divertir et attirer le plus de gens possible dans les salles. Tout ça dans le but de faire encore plus d'argent. Or, combien de temps cela peut-il durer? L'intérêt des cinéphiles pour les films en 3D est déjà en chute libre. Les gens sont de moins en moins intéressés à payer un 3$ supplémentaire pour mettre la main sur une paire de lunettes 3D. C'est peut-être ce désintérêt de plus en plus évident qui explique la décision de Sony Pictures à cesser de distribuer ces fameuses lunettes et surtout d'en assumer les frais de distribution. Pourquoi vouloir mettre tous ces gadgets à l'avant-plan?
Pourquoi?
Pourquoi?
Le cinéma, ce n'est pas uniquement du divertissement. C'est aussi un art au même titre que la littérature, la peinture ou la musique. Ce que les haut-placés d'Hollywood n'ont pas compris, c'est que ce qui devrait, avant tout, attirer les gens dans les salles obscures des cinémas, c'est le film en tant que tel. C'est le scénario, les performances des acteurs et actrices et le talent des réalisateurs et réalisatrices qui font qu'un film est réussi ou non. Pourquoi ne pas investir tous leurs efforts sur ces derniers points au lieu de tout miser sur des nouvelles technologies inutiles? Quand je vais voir un film, je n'ai pas besoin d'avoir l'impression de recevoir un coup de poing en plein visage, je n'ai pas besoin que mon siège bouge au même rythme que l'action du film et surtout, je n'ai pas besoin d'une ridicule carte à gratter pour sentir différentes odeurs présentes dans le film, comme c'était le cas dans le plus récent Spy Kids. À vouloir trop en faire, on finit par tout gâcher.
À l'écran, un robot reçoit un direct en pleine tronche. Mon banc bascule vers la droite. J'échappe mon sac de maïs soufflé. Une mare jaune se répand sur le sol.
Merde.
Vingt minutes plus tard, un autre robot feinte à gauche. Mon banc glisse vers la gauche. Ma boisson gazeuse va rejoindre les grains de maïs.
Merde.
Finalement, le générique apparaît à l'écran. Les lumières se rallument. Mon ami se tourne vers moi et me demande :
- Alors, comment tu as trouvé ça?
Je le fixe quelques secondes. Puis, mon regard sur braque sur mon maïs et ma boisson. On dirait de la boue.
Je réponds :
- Je voulais juste regarder un film, moi.
(688 mots)
Chronique
- Salut.
- Salut.
- Ça te dirait d'aller au cinéma?
- Oui.
On va donc au cinéma. On décide d'aller voir le nouveau film qui met en vedette Hugh Jackman, Real Steel. Ça l'air bien. Des robots qui se tapent dessus dans un ring de boxe, c'est, depuis la nuit des temps, une recette gagnante. On achète nos billets et on entre dans la salle. En plein milieu, mon ami aperçoit des bancs rouges. Ce sont des sièges D-BOX. Ils permettent à leurs occupants de suivre les actions, ou plutôt les mouvements, des personnages durant la projection. Mon ami insiste pour qu'on les essaye. Je lui dis qu'on va les essayer. Le film commence et les bancs se mettent à bouger.
Combien d'autres gadgets de ce genre l'industrie du cinéma va encore inventer? Déjà que j'en ai plein le dos des films en 3D, est-ce qu'il faut en plus que les salles de cinéma soient dotées de sièges mouvants? Eh bien, non. Ce ne sont que des jouets, des bébelles qui existent uniquement pour divertir et attirer le plus de gens possible dans les salles. Tout ça dans le but de faire encore plus d'argent. Or, combien de temps cela peut-il durer? L'intérêt des cinéphiles pour les films en 3D est déjà en chute libre. Les gens sont de moins en moins intéressés à payer un 3$ supplémentaire pour mettre la main sur une paire de lunettes 3D. C'est peut-être ce désintérêt de plus en plus évident qui explique la décision de Sony Pictures à cesser de distribuer ces fameuses lunettes et surtout d'en assumer les frais de distribution. Pourquoi vouloir mettre tous ces gadgets à l'avant-plan?
Pourquoi?
Pourquoi?
Le cinéma, ce n'est pas uniquement du divertissement. C'est aussi un art au même titre que la littérature, la peinture ou la musique. Ce que les haut-placés d'Hollywood n'ont pas compris, c'est que ce qui devrait, avant tout, attirer les gens dans les salles obscures des cinémas, c'est le film en tant que tel. C'est le scénario, les performances des acteurs et actrices et le talent des réalisateurs et réalisatrices qui font qu'un film est réussi ou non. Pourquoi ne pas investir tous leurs efforts sur ces derniers points au lieu de tout miser sur des nouvelles technologies inutiles? Quand je vais voir un film, je n'ai pas besoin d'avoir l'impression de recevoir un coup de poing en plein visage, je n'ai pas besoin que mon siège bouge au même rythme que l'action du film et surtout, je n'ai pas besoin d'une ridicule carte à gratter pour sentir différentes odeurs présentes dans le film, comme c'était le cas dans le plus récent Spy Kids. À vouloir trop en faire, on finit par tout gâcher.
À l'écran, un robot reçoit un direct en pleine tronche. Mon banc bascule vers la droite. J'échappe mon sac de maïs soufflé. Une mare jaune se répand sur le sol.
Merde.
Vingt minutes plus tard, un autre robot feinte à gauche. Mon banc glisse vers la gauche. Ma boisson gazeuse va rejoindre les grains de maïs.
Merde.
Finalement, le générique apparaît à l'écran. Les lumières se rallument. Mon ami se tourne vers moi et me demande :
- Alors, comment tu as trouvé ça?
Je le fixe quelques secondes. Puis, mon regard sur braque sur mon maïs et ma boisson. On dirait de la boue.
Je réponds :
- Je voulais juste regarder un film, moi.
(688 mots)
Chronique
lundi 3 octobre 2011
Prologue
Ce blogue est un travail scolaire. Voyeurs pervers, commentateurs mesquins et autres chercheurs d'embrouille : passez votre chemin.
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